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C’est fait. Le 18 décembre dernier, l’ARCEP retenait la candidature de Free Mobile. En lui attribuant cette quatrième licence de téléphonie mobile, avec la note de 382 sur 500, l’Autorité balayait les mauvais souvenirs de 2007 (cf. édition du 10 octobre 2007). Et maintenant ? Qu’attendre de notre trublion ? Quel réseau mettre en place, quels forfaits proposer, quels services ou encore quels terminaux et à quel prix ? Plusieurs débuts de réponse dans la décision rendue publique par l’ARCEP...
° Quel réseau ? Afin de réaliser des économies importantes et surtout de maîtriser son réseau mobile au maximum, Free Mobile, tout comme l’a annoncé SFR il y a quelques mois, a fait le choix d’une architecture mutualisée entre son réseau fixe actuel et son futur mobile. Déjà une stratégie payante dans le réseau fixe, le choix du « tout IP » sera transposé au réseau mobile, permettant plus de fiabilité et de simplicité. Une architecture qui sera « déjà adaptée à l’évolution du réseau vers les technologies de quatrième génération ». Une première indication sur la possible participation de Free Mobile aux futurs appels d’offre concernant la 4G fin 2010. « Les stations de bases seront déployées avec une version logicielle HSDPA (WCDMA UMTS) qui permettra des débits crêtes de 28 Mbit/s sur la voie descendante ». Pour faire simple, il s’agit de la dernière évolution de la 3G, appelée aussi 3,5G et qui propose des débits optimaux. Pour rappel, le lancement commercial dépend de la date à laquelle Free Mobile couvrira précisément 25% de la population. A ce stade, une des clauses de la licence prévoit que le quatrième opérateur puisse signer avec Bouygues, SFR ou Orange, un accord d’itinérance lui permettant ainsi de couvrir les 75% de population restants. Un accord qui sera signé pour une durée de 6 ans, le temps que Free Mobile couvre lui-même la population restante. Aujourd’hui, si Bouygues Télécom semble le plus frileux, SFR et Orange négocient actuellement avec Free, pour obtenir cet accord estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros... Concernant la pose d’antennes, Free Mobile mise en grande partie sur la mutualisation des points hauts avec ses trois concurrents. Il indique également qu’il envisagera « toutes les solutions alternatives avant la construction d’un nouveau pylône », préférant travailler avec les opérateurs actuels à l’intégration des sites existants qui accueilleraient ses équipements. En outre, Free Mobile « compte s’appuyer sur des sociétés spécialisées dans la recherche immobilière et dans la négociation de sites, lesquelles ont manifesté leur intention d’accompagner Free Mobile dans son projet ». Enfin concernant l’équipementier en charge de mettre sur pied le réseau, le coeur sera confié à un européen (Ericsson, Nokia ou Alcatel-Lucent) tandis que les antennes devraient être confiées à un équipementier asiatique (Huawei ou ZTE). Puis après 2 ou 3 ans de mise en place du réseau, Free Mobile a ensuite « l’intention d’assurer à terme un transfert de compétence et de rapatrier ces activités stratégiques en interne à titre pérenne ». Histoire de garder intacte la philosophie du « home made » :-)
° Quels forfaits ? Ce qui ressort d’une première analyse est la réelle volonté de Free à démocratiser l’usage d’Internet en mobilité. Preuve en est, l’accès à l’Internet mobile sera compris dans toutes les offres, y compris les offres prépayées ! Ensuite, Free montre désormais très ouvertement son attachement au principe de « neutralité des réseaux ». En effet, Free Mobile « donnera accès sans discrimination à tous les services disponibles sur le Web (y compris les services de messagerie instantanée, de téléphonie sur IP) ». Par exemple les logiciels de P2P ou Skype, aujourd’hui interdits chez les trois autres opérateurs, seront autorisés sur le réseau de Free Mobile. Au format PDF, cette newsletter est cliquable. Les mots en gras cachent des liens hypertextes. Passez la main Acrobat Reader sur l’un de ces mots, un W apparaît. Cliquez. Vous êtes sur Internet ;-) Toutes les marques de commerce, marques de service, logos et autres marques qui pourraient apparaitre dans cette newsletter appartiennent à leurs propriétaires respectifs.
Le premier prix ayant filtré est affiché à 19,99 euros, pour 3 heures de communication, soit trois fois plus de temps que ce que propose la concurrence pour le même prix... Un indice sur ce que Free sera capable de proposer en terme de prix... De là à imaginer un forfait à 29,99 euros avec Internet, SMS, MMS et TV en illimité avec 5 heures de communication, why not :-) En outre, il sera possible de souscrire un abonnement sans téléphone, « des offres de nature à améliorer la visibilité du véritable coût des terminaux et donc limiter le renouvellement excessif de terminaux ». Concernant les débits, « Free Mobile s’engage à fournir à ses utilisateurs, dans 50% des cas, un débit moyen montant au moins égal à 200 kbit/s pour un fichier de 1 Mo, et un débit moyen descendant au moins égal à 500 kbit/s pour un fichier de 5 Mo. Au bout de deux ans d’exploitation, Free Mobile pense pouvoir atteindre des débits respectivement de 300 kbit/s et 700 kbit/s. Ces engagements sont nettement supérieurs aux engagements souscrits par les autres titulaires de licences UMTS ».
° Quelle distribution ? La rumeur d’août dernier était fondée (cf. édition du 21 août). Free ouvrira bel et bien ses propres boutiques partout en France. « Free Mobile indique qu’il mettra en place une stratégie de distribution réellement multi-canal basée sur les canaux de distribution physique (boutiques propriétaires et franchisées), les canaux dématérialisés et les canaux de distribution concurrentielle. L’ouverture de boutiques, détenues en propre ou franchisées, entre 2011 et 2015, qui devraient peser pour plus de 50% des souscriptions de nouveaux abonnés. Ces boutiques, dont le déploiement terrain est en cours de préparation, commercialiseront, en plus des offres Free Mobile, les offres ADSL et fibre optique de Free ». En tout, 420 points de vente auront poussé entre 2011 et 2018. A titre de comparaison, Orange possède environ 850 boutiques, SFR plus de 800 « Espace SFR » et Bouygues Télécom, environ 580 « clubs »... Ne manque plus qu’à leurs trouver un petit nom, « FreeStore » étant apparemment déjà choisi pour la future boutique virtuelle d’applications pour la Freebox :-( Free comptera aussi sur les grandes enseignes de distribution dont les 250 boutiques de Phone House... A noter enfin que contrairement à la plupart des conseillers des trois autres opérateurs, ceux du réseau de boutiques Free Mobile ne seront pas uniquement des commerciaux, mais pourront également apporter un support technique et une réelle formation aux abonnés...
° Quels terminaux ? Tout d’abord, à la question souvent posée dans cette Newsletter, à savoir si oui ou non Free subventionnera les terminaux, la réponse est malheureusement... négative. Au lieu de ça, « Free Mobile a choisi de ne pas offrir de subvention significative sur le prix du terminal, contrairement à la pratique généralisée sur le marché. Free Mobile entend ainsi clarifier sur le marché les coûts liés aux communications et les coûts liés à l’acquisition du terminal ». Malheureusement, car dans cette optique, difficile d’entrevoir des offres avec des téléphones offerts (ou à 1 euro). Des offres qui séduisent sans doute fortement aujourd’hui et qui peuvent rapidement déclencher un achat... Pourtant cette « non subvention » peut également apparaître pertinente. En effet aujourd’hui, les mobiles sont de plus en plus polyvalents et atteignent des prix et des performances qui progressivement rejoignent ceux des ordinateurs (un iPhone nu coûte environ 500 euros, un Nokia N900, pas loin de 600 euros...). Et lorsque l’on achète un ordinateur aujourd’hui, on le paie bien à prix coûtant, pourquoi ne pas faire la même chose pour un téléphone donc... On peut ensuite compter sur Free pour négocier des prix cassés auprès des fabricants, puis étaler notre achat sur un, deux ou trois ans... Au format PDF, cette newsletter est cliquable. Les mots en gras cachent des liens hypertextes. Passez la main Acrobat Reader sur l’un de ces mots, un W apparaît. Cliquez. Vous êtes sur Internet ;-) Toutes les marques de commerce, marques de service, logos et autres marques qui pourraient apparaitre dans cette newsletter appartiennent à leurs propriétaires respectifs. « A la différence des opérateurs existants, Free Mobile ne prévoit pas de subventionner les terminaux. En contrepartie, il prévoit de proposer une gamme de terminaux à prix coûtant avec possibilité d’étaler le paiement sur plusieurs mois. Cette politique a le mérite d’être claire et transparente pour l’utilisateur. En général, le tarif des offres actuelles ne diminue pas au delà de la période d’engagement initial, alors que le téléphone est intégralement payé. Selon Free Mobile, sa politique en matière de terminaux incitera l’utilisateur à adopter une attitude rationnelle quant à la fréquence de renouvellement de son terminal »...
° Quels services ? La convergence pointe le bout de son nez. Une des principales lignes de conduite de Free Mobile consistant à reproduire en mobilité, l’offre Freebox, il faudra s’attendre à retrouver sur son téléphone, la quasi-totalité des services proposés par Free. « Free Mobile entend favoriser les synergies avec les activités fixes de Free en adaptant les services existants dans l’offre haut débit et très haut débit de Free. Free Mobile proposera des services convergents pour les abonnés mobiles par ailleurs clients à l’offre fixe Triple-Play de Free ». Par ailleurs, en complément des points d’accès FreeWiFi crées par les Freebox, Free Mobile va prochainement construire des partenariats pour proposer à ses abonnés, des connexions Wi-Fi dans des lieux publics (aéroports, cafés, restaurants, les centres commerciaux, les hôtels, etc.). Aussi, « les abonnés de Free Mobile pourront bénéficier des accès à Internet avec des technologies radios alternatives Wi-Fi, ou autres (Wimax, Femtocell...), en fonction de la disponibilité des technologies et services ». De quoi relancer fortement les rumeurs de Femtocell intégrés à la future Freebox V6...
Et comme supposé dans une récente Newsletter, Free Mobile rejoint les trois autres opérateurs dans la mise en place et le financement de la Télévision Mobile Personnelle. De quoi donner un petit coup de fouet à un dossier qui n’avance que trop peu...
En résumé, l’attente va paraître bien longue après avoir entrevu rapidement ce que proposera Free Mobile. Prévu pour fin 2011, début 2012, le lancement commercial de Free Mobile sera sans doute un événement majeur dans le domaine des télécommunications en France. La route fut longue... Mais désormais, il faudra bel et bien compter sur un quatrième opérateur mobile en France... et pas le moins légitime... Bonne chance et longue vie à Free Mobile !
Guillaume
(Copie partiel de la newsletter de l’ADUF N°1464)
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